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vendredi 19 juin 2009

Jour 10 : Y fa haud

Ouf. Quelqu’un a oublié le soleil à broil cet après-midi. Si j’avais pu, je me serais promenée les muscles à l’air. Mais je n’ai pas trouvé la fermeture éclair. Et comme je suis à une lettre de me partir une business de mélamine malgré moi, je n’avais nulle envie de rencontrer mon fournisseur aujourd’hui. C’était donc un temps pour rester en dedans. Au programme : Broken picture telephone – the game of miscommunication. http://www.brokenpicturetelephone.com/

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Objectif du jour : Anéantir mon mal de tête.

Fait saillant :
Il y a beaucoup de gens qui ont du temps à perdre sur la planète. Le site Broken picture telephone en est la preuve. Si le monde était un peu plus occupé, le site ne serait pas aussi lent.

Pensée du jour :
« Y fa haud »

jeudi 18 juin 2009

Jour 9 : la business de couleurs

Je ne mérite pas de médaille aujourd’hui. Il faisait un si beau soleil que je me suis dit : je vais m’écraser sur le bord de la piscine avec ma brique de lecture pour mon examen de conduite, une bonne bouteille d’eau qui sort du frigo pour maximiser la sensation de fraîcheur que procure la vue de la condensation, et mon iPod. Oh! la mauvaise idée. L’ancien locataire n’aurait pas pu laisser un vieux pot de crème solaire au lieu de ses vieux cotons-tiges?… « Juste un peu, juste pour me donner des petites couleurs. » Me semble. Maintenant, j’en ai assez pour me partir une petite business. Ça fait que j’ai passé le reste de la journée à regarder Jack Bauer défier les limites du possible huilée comme une culturiste, sans les muscles. (golf claps)

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Objectif du jour : Prendre des petites couleurs.

Fait saillant : Le soleil de la Californie, quand il daigne se montrer, c’est pas de la petite bière.

Pensée du jour : « Encore 5 minutes. »

mercredi 17 juin 2009

Jour 8 : Trader Joe's

Je mérite une médaille. En m’endormant hier soir, j’ai accompli l’impensable. Une semaine à vivre dans West Hollywood au coin de la Sunset Strip, à 3 ou 4 pas de Melrose ave, à 6 ou 7 du Beverly Centre, à 2 miles de Rodeo Dr, à 20 minutes de route de la Third Street Promenade, et j’ai refoulé des pulsions belzébuthiennes, contrôlé l’incontrôlable, et résisté à la tentation du diable : magasiner. Je l’avoue, je me suis un peu emportée au buffet de mignardises pour Zack. Mais ça le rend tellement heureux. Bon, je vous vois venir avec votre concept de projection. Ça « nous » rend tellement heureux. Voilà. C’était ma petite tape dans le dos.

Ce matin, je n’ai qu’une chose en tête. Je prends mon portefeuille, mes clés et mes lunettes fumées, j’enfile mon sac en bandoulière, m’équipe de mon sac réutilisable Canadian Tire et… petite pause nostalgie en caressant doucement le sac noir sur lequel est inscrit « ce sac est vert »… je pars en quête de fromage. Je descends Palm ave jusqu’à Santa Monica blvd, traverse un lave-auto bondé de voitures luxueuses étincelantes et de petits Mexicains en sueur, tourne à gauche, et m’arrête. La bouche ouverte. Devant moi, pas Brad Pitt, pas Jack Nicholson, non, un large trottoir flanqué de palmiers. Un trottoir qui donne envie de tout vendre pour ne pas avoir à déménager. Un trottoir qui donne envie de trotter. Et je me remets à trotter. Les yeux écarquillés. Les petits commerces spécialisés me rappellent la rue Laurier. Je suis bien. Il fait beau. Je suis heureuse. C’est si beau. Je me sens vivre. Ne jamais sous-estimer le pouvoir d’un trottoir.

En promenant mon regard de gauche à droite, j’aperçois un groupe d’amis qui marchent à contre-sens, avec au bout de leurs bras ballants, des sacs réutilisables rouges. Les sacs portent l’inscription : Trader Joe’s. 1- les sacs témoignent de leur fidélité; 2- ils ont l’air contents… c’est bon signe.

Je m’attendais à une sorte de caverne d’Ali Baba de la taille d’un dépanneur où des merveilles culinaires sont entassées sur des tablettes poussiéreuses dans des allées où l’on doit jouer du coude pour arriver à se faufiler, mais l’endroit est vaste, immaculé, tout est cordé comme si Jack Nicholson dans son rôle de Melvin l’obsessionnel compulsif gérait la place et ça me donne envie de louer As good as it gets. Je déniche du beurre naturel d’arachides non blanchies, un sorbet de mangues, des fèves de soya, une trempette aux cœurs d’artichauts et fromage bleu et… parlant de fromage… DU FROMAGE! DU VRAI! Un comptoir rempli de fromages de partout dans le monde. Trois cohortes de clients entrent et sortent et je suis toujours là à lire toutes les histoires racontées sur les petits écriteaux décrivant la provenance de chaque fromage. Je n’ai pas choisi le mot « écriteaux » par hasard; les histoires sont écrites à la main. Je m’arrache enfin à ma transe pour me diriger vers les caisses. Visiblement, personne ne leur a appris à optimiser l’espace. On pourrait mettre un éléphant en file et il passerait inaperçu. On est loin de l’expertise du PA en la matière. Mais on respire, et on sort de là le sourire aux lèvres, détendus et impatients de préparer le souper. http://www.traderjoes.com/

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Objectif du jour : Trouver du fromage. Du vrai.

Fait saillant : J’ai envie de l’appeler « fait étrange » aujourd’hui. Ça concerne le comptoir réfrigéré où se trouve le lait chez Trader Joe’s. Le comptoir fait tout le mur, mais sur à peu près deux mètres, il n’a pas de fond. Entre le dessous des tablettes et le dessus des bouteilles, on peut distinguer les employés de l’épicerie qui rigolent. J’imagine qu’ils ne rigolent pas tout le temps, mais s’ils rigolent, on peut les voir. Même s’ils ne rigolent pas d’ailleurs. Ce n’est pas la place pour se couper les ongles d’orteils.

Pensée du jour : « J’ai du bon fromage au lait, il est du pays de celui qui l’a fait. Fromage, fromage, fromage… http://www.youtube.com/watch?v=jphSeMsyGXo »

mardi 16 juin 2009

Jour 7 : la marche

La paresse me gagne. Mon cerveau limite mes efforts en utilisant toutes sortes de subterfuges. Hier, j’étais supposée me louer une voiture pour aller faire les courses. Mais la veille au soir, on avait un ami de Nizar à souper. On a commandé de l’indien. Je devrais plutôt dire… j’ai commandé de l’indien. Pour six. Nous étions trois. Ça nous a permis de subsister jusqu’à ce jour. Hier encore, je devais sortir chercher de l’eau embouteillée; j’ai bu de la bière toute la journée. Aujourd’hui, je dois aller chercher de la bouffe pour Zack. Non, je ne lui donnerai pas de l’indien. Ma paresse a tout de même ses limites.

Je prends Zack en laisse et on sort, direction Petco. On descend Palm ave, on tourne à droite sur Santa Monica blvd, jusqu’à North Doheny Dr. Zack marche au pied. Le soleil plombe. Enfin. On entre dans la boutique. Zack n’a pas l’habitude. Il est fou comme un balai. L’expression tire son origine dans la confection de balais en paille. Quand le balai avait été mal assemblé ou quand il était usé, il faisait tout sauf aider au ménage. Il devenait fou. Sans parler des brindilles de paille qui retroussaient comme des cheveux fous. Mais pour revenir à mon histoire, Zack est fou comme un balai non seulement parce qu’il ne fait qu’à sa tête, mais parce qu’il tire sur la laisse, glisse sur le plancher ciré, se retrouve à plat ventre et du coup, balaye tout sur son passage. Hop! il se relève, renifle, lèche et astique les racoins oubliés par l’équipe de ménage.

- How cute is that dog!

- Thanks! I just moved here so I’m not used to the dog food sold in the US. Can you help? I’m looking for an allergy formula for my dog.

- Follow me. I recommend the Natural Balance products. They are made of natural ingredients with no additives, and it’s human consumable.

- You mean that if I have nothing home to nibble I could have that.

- Worst-case scenario.


J’en prends un sac de 7 kilos. Je laisse Zack se choisir un jouet; j’en prends deux. Je passe au comptoir des mignardises en vrac et lui prend un sac de 2 livres, au rayon des jouets pour chats pour ne pas faire de jaloux et enfin, à la caisse. J’ai perdu l’habitude de faire les courses sans voiture. Ça me prend quelques minutes pour figurer comment transporter le tout. Zack en laisse, 7 kilos de bouffe sur l’épaule, le sac de jouets attaché à ma sacoche, on entame le chemin du retour. Deux coins de rue plus loin, un homme m’interpelle :

- I saw you exit the store, it’s good exercise, walking like that!
- Ha ha… yes… ha.

Ici, personne ne marche. Si c’est le cas, c’est pour marcher trois mètres entre leur voiture et leur destination. Sinon ils courent, ils s’étirent à une intersection avant de se remettre à courir ou ils roulent. C’est comme ça. Mais moi, je suis une Legal Alien qui vient de la planète Montréal, donc je marche. Un sac de bouffe de 7 kilos sur l’épaule, un sac de plastique à moitié déchiré rempli de cochonneries attaché à ma sacoche, des tiges de plastique avec plumes qui pendouillent qui me graffignent et me chatouillent le triceps, le soleil qui stimule ma sudation, et Zack qui tire en laisse. Rien pour passer inaperçue. Nul besoin de vous décrire dans quel état je suis rentrée.

L’épopée a remisé ma paresse. J’ai beau chialer, ça fait du bien de retrouver le soleil. De prendre l’air. De suer. J’ai envie de repartir découvrir toutes les boutiques du quartier. Mais pas aujourd’hui… demain. Règle no 1. Là, c’est l’heure de la sieste. ;)

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Objectif du jour : Acheter de la bouffe pour Zack.

Fait saillant du jour : Le fromage américain, c’est du fromage Fisher price. Je ne pourrai jamais passer deux ans de ma vie ici si je ne trouve pas du bon fromage. On m’a parlé de Trader Joe’s, qui importe des produits de partout dans le monde… je vais investiguer.

Pensée du jour : « I believe in miracles… http://www.youtube.com/watch?v=ncZtOiZg69w »

lundi 15 juin 2009

Jour 6 : Règle no 1

Pour revenir à mes moutons, histoire d’éviter qu’on me demande quel est le rapport entre le titre de mon blog et son contenu, voici la première règle que je m’efforce d’appliquer en vue de ne pas dilapider tous mes avoirs :

Règle no 1 : Attendre le plus longtemps possible avant de passer son permis de conduire.

Vous serez ainsi confinés à l’intérieur d’un quadrilatère plus restreint et éviterez de vous retrouver sans crier gare à proximité d’une rue marchande jonchée de vitrines qu’on a envie de lécher.

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Objectif du jour : aucun (ça arrive)

Fait saillant du jour :
David Palmer et Michelle Dessler se sont fait assassiner!!!!!

Pensée du jour :
« Il ne faut jamais faire le jour même ce qu’on peut remettre au lendemain. » Sur ces belles paroles, je reporte à demain mon étude pour mon examen de conduite. Règle no 1.

dimanche 14 juin 2009

Jour 5 : le jour victorieux

Après quatre jours à vivre dans mes valises, j’ai décidé qu’il était temps de m’installer; mais Snoof m’a devancée, en s’installant sur son nouveau matelas Confort Suprême… ma pile de vêtements. Mon plan a foutu en l’air le sien. Il n’allait pas capituler pour autant. Il a résisté à toutes les pertes de confort, jusqu’au dernier morceau de tissu. C’est un brave chat. Mais j’ai remporté la victoire. Au même moment où les Lakers ont remporté le 2009 NBA Championship. C’est un jour victorieux.

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Objectif du jour : terminer la 4e saison de 24

Fait saillant du jour : Le corps humain compte 639 muscles. Si vous faites le décompte et qu’il vous en manque quelques-uns, allez frapper des balles dans un driving range près de chez vous. Très éducatif.

Pensée du jour : « Aïe… »

samedi 13 juin 2009

Jour 4 : Tigresse Woods

Il fait toujours moche. La journée parfaite pour aller jouer au golf sans massacrer son bronzage. Direction Roger Dunn Golf Shop, où je pourrai choisir mon cadeau d’anniversaire : un ensemble complet de bâtons, une paire de souliers, des petits bas blancs, un gant et des balles. Roses, les balles. Pour les bâtons, ça se passe plutôt bien. Pour les souliers, c’est une autre paire de manches. Ils sont toujours bien cutes dans leur petite taille de présentation, mais quand ils t’arrivent en taille 10, laissez-moi vous dire qu’ils sont pas mal moins cutes. En vraie fille que je suis, la première chose que je fais en les enfilant, c’est aller me regarder dans le seul miroir de la boutique, à 100 mètres du rayon des chaussures. Voulez-vous bien me dire pourquoi ils ont mis ça si loin? J’entends les gars rigoler. « Are they comfortable? That’s what’s important. » Je veux bien, mais quand même, de quoi je vais avoir l’air avec ces grosses affaires-là dans les pieds quand je vais avoir les jambes à l’air? Pression, pression, faut y aller, faut y aller, ça paraît que je suis la seule fille du groupe. Au final, j’ai le choix entre deux grosses affaires noires ou deux grosses affaires blanches avec du simili-crocodile brun. J’opte pour le crocodile. Ils devraient se fondre avec ma peau de crocodile et être un peu moins visibles.

Nous voici au driving range, deux paniers de balles au programme. À côté de nous, deux gars s’éreintent à essayer de mettre leurs balles dans une poubelle. Nizar prend place. Il frappe… direct dans la poubelle. Une symphonie de « oh » s’est fait entendre. S’il s’était arrêté là, il aurait eu l’air d’un vrai pro. Mais il nous restait deux paniers complets à frapper. Ils ont vite compris que c’était la chance du débutant. En ce qui me concerne, si ce n’était de mon maudit bras qui ne veut pas rester droit, je pourrais dire que je ne m’en sors pas si mal. Pour ce qui est de la position « assis sur un bol de toilette invisible », je m’en sors très, très bien. Photo à l’appui. Je me demande même si on ne s’est pas foutu de ma gueule. J'ai l'impression d'être la seule à adopter la « bonne » position. Enfin. Le bilan de la journée : pour un 9 trous, par 27, j’ai fait 51, je n’ai tué personne et je n’ai perdu aucune balle.

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Objectif du jour : Ne blesser personne au driving range.

Fait saillant du jour :
Je n’ai blessé personne au driving range… personne à part moi. Quand on frappe le sol au lieu de la balle, on s’en rappelle le lendemain.

Pensée du jour :
« Did I bend my elbow? » (je commence à penser en anglais)

(Two weeks : http://www.youtube.com/watch?v=tjecYugTbIQ

Je suis accro. J'aurais voulu réaliser cette vidéo. La toune est tout aussi fabuleuse. En plus, les couleurs de la pochette s'agencent bien à celles des petits pois. Rien à voir avec ma journée sauf que j'ai un peu bu et j'avais envie de partager avec vous ces quelques minutes d'extase. C'est une « parenthèse », comme dirait l'autre Émilie. Parce qu'elles sont deux. L'Émilie de la valise, c'est Émilie T. L'Émilie de la parenthèse, c'est Émilie L. Je savais que vous seriez mêlés. Alors je me suis dit, comme ça tout de go : « je vais les démêler ».)

vendredi 12 juin 2009

Jour 3 : refresh (bis)

Facebook, Hotmail, Gmail, Blogger, MSN, iChat, Skype, Facebook, Hotmail, Gmail, Blogger, MSN, iChat, Skype, Facebook, Hotmail, Gmail, Blogger, MSN, iChat, Skype… J’ai passé la matinée à faire des refreshs d’une fenêtre à l’autre. C’est ça qui arrive quand c’est ta fête et que tu es une Legal Alien, qu’il fait moche dehors et que tout ton monde est à l’autre bout du continent. Je me fais penser à Drew Barrymore dans He’s just not that into you, quand elle s’ennuie du temps où il n’y avait qu’un seul numéro et qu’une seule boîte vocale pour joindre les gens. Sauf que je vois ça d’un autre œil : ça laisse plus de temps aux messages de rentrer quand t’as plusieurs fenêtres à actualiser. Pathétique? Juste assez.

On va se délecter chez Koi ce soir. Prononcez « Koye ». Un restaurant absolument divin où l’on sert une cuisine d’inspiration japonaise aux accents californiens. Vu le titre de mon blog, ce n’est pas le type de restaurant que je fréquenterais régulièrement, mais une ou deux fois par année, ça vaut l’investissement. http://www.koirestaurant.com/home.html (je ne peux décidément pas m’empêcher de faire de la pub)

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Objectif du jour :
m’éclater

Fait saillant du jour :
J’ai 3 heures de plus pour fêter ma fête. J’ai commencé la nuit passée sous prétexte que c’était déjà ma fête à Montréal. Vous avez le droit de compatir avec Nizar, mais il a signé son contrat avant de boire le champagne... et non le contraire. Ça veut tout dire.

Pensée du jour :
« J’irais bien magasiner… »

mardi 9 juin 2009

Le départ

Il pleut des cordes. Le temps idéal pour partir sans regrets. C'est dame nature qui me donne un coup de pied aux fesses. Et comme dirait Mario, si je pleure dans la pluie, ils n'y verront que du feu. J'ai fini de mettre ce qu'il restait de ma vie à Montréal dans mes valises à l'heure de partir moins une. Classique. Je regarde mes valises dans l’entrée et la seule chose qui me vient en tête, c’est que l’avion ne pourra jamais s’envoler. J’ai une petite pensée pour la valise d’Émilie lors de notre voyage au Chili, et ça me rassure. Mon père arrive. Je regarde mes valises, encore plus perplexe. Heureusement que mon frère n’habite qu’au deuxième étage.

Une heure plus tard, 75 $ de frais pour poids excédentaire en moins, sans parler de la découverte de quelques nouveaux muscles, j’y suis enfin. À quelques minutes de ma nouvelle vie. Je serre mon père plus longtemps qu’à l’habitude, plus fort qu’à l’habitude, pour toutes ces fois où je serai trop loin. Je me dirige vers la sécurité et lance un dernier regard vers l’arrière. Il est là. Il me sourit. Un sourire qui me dit fonce. Et je fonce. J’ai passé la sécurité en deux battements de cils. Ça les intimide, de voir le déchirement entre les deux.

Deux dollars?! Mais ils sont fous? Je viens d’atterrir à Toronto. Je dois récupérer mes 55 kilos de vie et je dois payer 2 $ pour mettre mes valises sur un carrosse. Montréal me manque déjà. Je repasse la sécurité, et qu’est-ce que je gagne? Une « mamel search »! Pardon? Une « manual search ». Ah. Non, mais articule. Je préfère me dire que j’ai gagné un petit massage avant mes 5 heures de vol.

Me voilà à bord. À voir l’ampleur du gars assis à côté de moi, je me dis qu’ils font un trio d’enfer, mes valises et lui, pour nous empêcher de décoller. Mais, mystère, on s’envole. Et 5 heures plus tard, on atterrit. C’est incroyable.

Quatre dollars?! Mais ils sont fous? Quatre dollars US pour trimballer mes maudites valises à même pas 200 mètres du carrousel. Bienvenue à Los Angeles!

J’étais postée derrière les vestiges de ma vie à Montréal quand il est arrivé. Avec son sourire, ses yeux et son regard amoureux. Je lui ai presque cassé trois côtes et arraché une oreille dans mon étreinte, mais ça, c’est être
« bienvenue à Los Angeles ».